Plume de Bambou février 2021

Plume de Bambou février 2021

L’éducation des plus pauvres en temps de pandémie

Au Vietnam, les frais scolaires sont très élevés : le coût peut atteindre 50€ par mois. Les lycées sont souvent éloignés, s’y rendre nécessite un moyen de transport, parfois même la location d’une chambre. Cette période de pandémie ne facilite en rien l’accès des plus pauvres à l’école. Le travail se fait plus rare, voire inexistant et les revenus sont maigres dans les foyers. Les répercussions sur la scolarité sont immédiates, les parents n’ont plus de quoi payer et les enfants doivent aider à subvenir aux besoins familiaux.

Loan, grand-mère de 56 ans, raconte : « notre famille cultive le lotus, nous gagnions environ 30$ par mois en vendant nos produits aux restaurants. Depuis la pandémie, il n’y a plus de ventes ». Sa fille aînée part alors travailler à la ville pour aider la famille. Elle laisse ses deux enfants à Loan et son mari. Mais, là aussi, la pandémie ferme les usines et elle est privée de travail. Les grands-parents aident aux frais scolaires des deux petits, notamment grâce au travail de tisserande de Loan. Si la situation ne s’améliore pas, il ne faudra pas longtemps pour que les enfants cessent d’aller à l’école.

Dans une autre famille, c’est Hanh, 15 ans, qui doit aider ses parents. Son père, maçon et seul travailleur, s’est retrouvé avec un revenu très incertain dû à la crise du covid-19. Sa mère, malade, ne peut ni travailler ni effectuer les tâches ménagères. De plus, les frais médicaux coûtent cher. C’est Hanh qui, en plus de l’école, soutient la famille en travaillant dans les exploitations de latex et en aidant aux tâches quotidiennes. Lorsque sa mère souffre trop, elle doit rater l’école pour s’en occuper. La situation financière et familiale est très difficile pour l’éducation des enfants.

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