L'agriculture

Le petit paysan veut d'abord éviter les risques: quand on n'a qu'un petit lopin, on ne peut se permettre des folies et tout perdre. Les techniques éprouvées dans le village lui paraissent plus sûres que les bonnes idées d’un agronome venu d’ailleurs ! Un paysan habile est écouté, on va voir son champ ensemble.

Le point de vue d'un paysan

Dans chaque région des groupements paysans se réunissent, nous appellent pour des questions techniques. Avant de donner une réponse de technicien, il vaut mieux demander ce qui se fait dans le village, puis parfois suggérer un ajustement : des présentations concrètes et imagées. S’adapter : un ménage très pauvre pourra développer un potager sur quelques centaines de m2. 

Les équipes cherchent d’abord ce qui peut être fait avec un petit investissement de quelques dizaines d’euros.

Les techniciens villageois

elevage

Dans les villages éloignés, avant le projet, 30-40% des animaux mouraient de maladies, pour ensuite être vendus à la sauvette. C’est une énorme perte pour les paysans et un risque pour les consommateurs. Au Vietnam nous avons formé plus de 100 para vétérinaires : paysans relativement pauvres des mêmes villages, formés dans leur district sur 6 mois, mi-pratique mi-théorique.

La formation a été dispensée en collaboration avec des instituts officiels, seuls habilités à délivrer un certificat agréé. Former un para vétérinaire coûte environ 170 €. Les 2/3 environ en ont fait leur métier et suivent plusieurs milliers de cochons et autres animaux : leur revenu peut dépasser 180 €/mois, un miracle dans le contexte villageois. Surtout les paysans sont gagnants : on estime qu’un para vétérinaire permet d’éviter pour plus de 200 €/mois de pertes. Les para vétérinaires sont directement payés par les paysans pour leurs services. Les programmes font un suivi et tous les trimestres ou tous les mois un complément de formation est donné. Plusieurs para vétérinaires sont devenus des experts et d’excellents formateurs : un certain nombre a été embauché à plein temps par le programme.

Progressivement les paysans ont appris eux-mêmes à mieux s'occuper de leurs animaux; ils se passent de plus en plus des paravétérinaires, ces derniers ont alors concentré leurs efforts sur leur propre ferme. Un parfait exemple de développement durable et démultiplié!

Au Cambodge il reste à faire. La politique gouvernementale est de former un VLA (Village Livestock Assistant) par village, soit environ 150 familles. Conséquence : les VLAs n’ont pas assez de clients et ne développent pas leur savoir-faire. De toute façon leur formation de quelques semaines (contre 6 mois à mi-temps au Vietnam) est trop courte. Leur revenu est estimé à quelques dizaines d’euros seulement.

Mékong Plus a formé 40 paravétérinaires à Rumdoul, à raison de 2 par commune. Les progrès sont évidents mais aussi plus lents, il faut faire face aux conservatismes, au manque d'argent, et à la faible qualité des vaccins: la chaîne du froid est incertaine.

cueillette riz

Pour les cultures aussi des techniciens sont formés, mais il est difficile de demander ensuite aux paysans qu’ils les rétribuent pour leurs bons conseils ! Le cochon peut mourir en 2-3 heures, l’efficacité du para vétérinaire est évidente. Pour une culture le résultat, incertain en plus sur ce qui a permis le bon résultat, ne sera connu que plusieurs semaines ou mois plus tard ! Les techniciens agricoles sont rétribués par les communes, et par le programme pour des tâches spécifiques.

Au Cambodge il reste à faire. La politique gouvernementale est de former un VLA (Village Livestock Assistant) par village, soit environ 150 familles. Conséquence : les VLAs n’ont pas assez de clients et ne développent pas leur savoir-faire. De toute façon leur formation de quelques semaines (contre 6 mois à mi-temps au Vietnam) est trop courte. Leur revenu est estimé à quelques dizaines d’euros seulement.

Mékong Plus a formé 40 paravétérinaires à Rumdoul, à raison de 2 par commune. Les progrès sont évidents pas aussi plus lents, il faut faire face aux conservatismes, au manque d'argent, et à la faible qualité des vaccins: la chaîne du froid est incertaine.

Une agriculture plus propre

On estime que 90% des paysans vietnamiens mettent 50% de produits chimiques en trop, et souvent au mauvais moment, sans respecter les proportions. Il y a de nombreux cas d’empoissonnement après consommation. Mais le paysan lui aussi est victime : c’est pieds nus et sans masque qu’il applique des produits dangereux.

Dans les montagnes avec les minorités ethniques, les rendements sont très faibles, le plus souvent sans engrais ni pesticide, ni compost. Au Cambodge aussi: à Svay Riêng les paysans disent que les engrais chimiques sont dangereux et mauvais pour la santé: mais ils ne produisent qu’une récolte de paddy (riz) par an avec un rendement d’environ une tonne : sur des terres équivalentes le Vietnamien fera 2-3 récoltes de 3 à 7 tonnes chacune.

Nous ne promouvons pas l’agriculture organique pure car elle est encore peu rentable ; mais bien une agriculture équilibrée : au maximum le compost plutôt que les engrais chimiques, et des doses minimales de pesticides. Voir le clip vidéo 3'.

Les bonnes pratiques agricoles

Les paysans sont persuadés souvent que plus de produits chimiques c’est mieux.

Les conséquences : des coûts inutiles pour les paysans, une dégradation des sols, et des produits contaminés pour les consommateurs.

En élevage : vacciner les animaux pour éviter les pertes ; réduire la pollution qu’ils engendrent et au contraire en faire du compost.

Mékong Plus vise une meilleure agriculture à la fois pour les paysans et pour les consommateurs.

litiere_seche_porcsLa litière sèche permet une énorme économie d'eau et de travail pour les paysans. La litière est à base de son de riz, tiges de maïs, sciure de bois etc. sur 50cm d'épaisseur. On applique une mixture microbiologique (Balasa-N01) qui, avec le lisier et l'urine, élimine les éléments pathogènes, les odeurs et insectes.

Après chaque cycle de 5 mois, à la vente des animaux, cette litière est un excellent compost pour les potagers.

L'investissement pour les paysans est minime: environ 20  Euros.

Au lieu de rejeter de grandes quantités de lisier autour de la porcherie, on transforme cette pollution en engrais organique. On peut utiliser la même technique pour la volaille.

fabrication_alimentsLes aliments pour bétail achetés dans le commerce sont très chers. Une meilleure pratique est de les fabriquer soi-même avec les composants adéquats et de la levure. On utilise ainsi les éléments disponibles au village, moins chers. Les animaux adorent et mangent mieux.

Le paysan fait une grosse économie. Inconvénient: il faut acheter les ingrédients à la ferme, et au contraire des magasins, les paysans ne font pas crédit. Les magasins prêtent volontiers, mais se rattrapent sur le prix, plus élevé encore.  Solution: aider les petits paysans à s'organiser, à regrouper les achats.

biogaz YOn lavera la porcherie à grandes eaux et cette eau se déverse, avec le lisier, vers une longue poche de plastique (1m de diamètre x 7-10m de long) en légère pente. En 3 semaines le lisier de 3-5 cochons dégage du gaz méthane à basse pression, qui suffit pour la cuisine d’une famille de 5 personnes. S’il y a trop de gaz, on peut alimenter les voisins proches ! Le surplus de lisier est sans odeur et constitue un excellent engrais.

Avantage encore : la femme ne doit plus aller chercher du bois –un ménage consomme un petit arbre par mois ! Chaque année 100-200 nouveaux biogaz sont installés. Investissement : à partir de 70 euros. Le prix du bois pour 8 mois

Inconvénient : tous les paysans n’ont pas assez de capital pour cela. Un biogaz ne peut être arrêté sinon le plastique se fend : or les petits paysans interrompent souvent l’élevage de porcs quand les prix ne sont pas bons.

trichoderma sur champLes rizières sont souvent très loin: on ne peut y transporter du compost et de toute façon il en faudrait des quantités astronomiques.

Solution très simple et aussi bon marché: on ne brûle surtout plus la paille de riz sur le champ. On ne transporte pas non plus -ça coûte cher. Plutôt: on la laisse à même le champ et on l'arose de Trichoderma, une solution biologique à base de champignons, qui accélère la décomposition. On enfouit cela dans la terre. Résultat: une augmentation des rendements, le riz aussi est content et se porte bien: moins de traitements chimiques.

semences thienchiMékong Plus travaille avec des paysans chaque mois. Ses agronomes peuvent donner des conseils mais le plus efficace est de travailler avec des "paysans pilotes". Volontaires pour tenter de nouvelles techniques avec l'aide des partenaires de Mékong Plus (Thiện Chí et Anh Dương, 2 ONG vietnamiennes), à la récolte ce sont ces paysans pionniers qui parlent aux autres paysans du village. Ils sont très crédibles, et toujours disponibles au village.

Ils sont aussi d'accord pour vendre une partie de leur récolte comme bonnes semences. C'est ainsi que les bonnes pratiques se répandent vite.

potager filetLes potagers protégés par un filet offrent de multiples avantages:

  • on peut produire 12/12 mois, car les filets protègent les légumes des fortes pluies qui autrement pourraient tout détruire
  • une forte réduction des maladies, donc une production plus saine, moins chère.

L'inconvénient: si le potager est peu protégé du vent, en cas de tempête il peut être endommagé. Selon la taille du filet, cela peut coûter cher au paysan, certains se découragent. A Rumdoul (Cambodge) ils ont des filets très bas. Ils gagnent 2 fois: l'investissement est très faible, et le vent n'a que peu de prise dessus.

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